Comme le faisait remarquer un super-héros en pyjama moulant, un grand pouvoir suppose de grandes responsabilités, ce qui aurait largement convaincu n’importe qui de ne surtout pas nommer Bruno Le Maire comme ministre de l’Économie et des finances en France, qui a malheureusement prouvé à plusieurs reprises qu’il a bien un pouvoir, celui de tenir des propos totalement irresponsables.
C’est ainsi qu’avec l’actuel conflit russo-ukrainien, il nous a gratifié d’une de ses petites bêtises qui font rapidement les choux gras de la presse nationale et qui, cette fois-ci, ont même escaladé jusqu’à la presse internationale. De la boulette de compétition en quelque sorte puisque notre homme a décidé de lancer une « guerre économique et financière totale », ce qui a au moins le mérite de ne prendre aucun raccourci, même diplomatique.
Tout ce que vous voyez se mettre en place, depuis des années, n’est pas supprimé. D’un état d’urgence permanent aux lois d’exceptions qui s’éternisent, du temporaire qui s’installe pour ne plus jamais s’en aller, tout indique que tout restera. Et ce qui a été mis en place « contre les Russes » sera conservé, religieusement, dans les prochains mois et les prochaines années et servira un jour « contre les Français pas comme il faut ».
BLM n’est qu’un fat, un fesse-matthieu qui se gargarise de grandes phrases incongrues. Comment peut on prendre au sérieux l’argentier d’un pays en faillite qui ne boucle plus son budget que par emprunts sur emprunts, est en lourd déficit depuis bientôt un demi-siècle, et qui s’en va parler de ruiner un pays sans dette importante connue, farci plutôt confortablement de ressources énergétiques difficilement dispensables et qu’on lui achète au passage même en proportion moindre que les Teutons…
Mais le pire est que cette tendance à la punition irréfléchie et tous azimuts, à l’ouverture de toutes les boîtes de Pandore, n’est plus limitée à ce genre d’olibrius au pouvoir : ce sont maintenant les sociétés privés qui se lancent, à leur tour, dans les mêmes démarches.
Et alors que Bruno Le Maire se lance dans une opération de communication grotesque et dangereuse, des centaines de compagnies privées se lancent, elles, dans une autre opération de « confinement » culturel et économique complet sur la Russie. Pour employer un anglicisme, il s’agit ni plus ni moins de la plus grande de « Cancel Culture » (et de Cancel Economy) de l’Histoire par le truchement de ces sanctions d’acteurs privés et d’organisations non-gouvernementales.